En direct de la conférence AFRAVIH, jour 2

Retrouvez tous les comptes-rendus de la conférence de l'AFRAVIH, qui se tient à Bruxelles du 20 au 23 avril.
Publié le 22.04.2016.

La PrEP était, sans surprise, le sujet majeur de la session consacrée à la prévention qui s'est tenue le jeudi 21 avril à la conférence AFRAVIH. Le sociologue Gabriel Girard parlait ainsi d’une « pharmaceuticalisation » de la prévention. La présentation de l’expérience de « l’actuel », centre de référence pour le VIH et les hétatites de Montréal proposant une offre de PrEP depuis 2011, a répondu à quelques questions posées par la mise en œuvre de cette stratégie. Avec les premiers les résultats de l’essai Ipergay, la décision du remboursement partiel de la PrEP en 2013 et la publicité ciblée d’une consultation PrEP à la clinique, le nombre d’usagers est passé de 100 à 746 en un an. Dans cet environnement, la perception de cette stratégie a notablement changé ; elle serait perçue aujourd’hui comme « Sexy ». Les usagers sont majoritairement des gays particulièrement exposés au risque d’acquisition du VIH, dont une partie pratique le Chemsex. Ils utilisent à 80 % un schéma de prise quotidienne en raison d’une sexualité qui ne permet pas toujours la planification des rapports sexuels, nécessaire à la prise intermittente. La nécessité d’un temps suffisamment long de counseling, et surtout de sa répétition pour l’adapter aux changements survenus dans le parcours des personnes est soulignée. Une évaluation des IST contractées à 6 et 12 mois est en cours. Aucun usager n’a contracté le VIH.

« Des acteurs autonomes et performant dans la lutte contre le VIH : repenser l’accompagnement ! »

Lors de son symposium de l'après-midi, la plateforme ELSA[1] a mis en lumière la vision commune de ses membres en ce qui concerne l’accompagnement des partenaires. Il se décline autour de synergies et de mutualisation des différents acteurs qui cherchent ensemble des solutions collectives sur un modèle d’intervention en 4 phases :

  • Un diagnostic participatif
  • La mise en œuvre de leviers (formations, appuis, plans d’action….)
  • Le suivi et l’appui personnalisé
  • La capitalisation en vue de la réplication des expériences

Afin d’illustrer ces principes, les membres de la plateforme ont présenté leurs interventions dans différents domaines : le programme Autonomisation de Solidarité Sida, le programme de promotion des droits et santé sexuelle en cascade du Planning Familial, le dispositif de relation d’aide à distance de SIS International, le programme d’appui à la certification des comptes de Sidaction. La session s'est achevée avec un questionnement sur les synergies et les interactions à tisser entre les organisations communautaires et les systèmes de santé présenté par Solthis. Autant d’exemples de mise en œuvre de l’autonomisation individualisée et adaptable et du développement de savoirs construits avec les personnes, à partir des personnes et pour les personnes. L’objectif final : renforcer les systèmes de santé, mais aussi le rôle de la société civile et des acteurs communautaires dans la lutte contre le VIH/sida.

[1] La plateforme ELSA (Ensemble Luttons contre le Sida en Afrique) est un consortium de 5 associations françaises actives dans la lutte contre le sida en Afrique via le soutien à des acteurs de la société civile. Elle regroupe 5 associations : le Planning Familial, SIS International, Sidaction, Solidarité Sida et Solthis.
Créée en 2002, et basée à Paris, elle a une double mission :
- D’une part de favoriser les complémentarités et d’optimiser le soutien de ses membres auprès de leurs partenaires respectifs en Afrique,
- D’autre part de proposer des activités de renforcement de capacités (stages, formations, ateliers…) complémentaires de celles des associations membres.
Plus d’informations : www.plateforme-elsa.org

Par Sandrine Fournier et Hélène Roger