En direct de l’AFRAVIH : Sidaction interroge le poids des normes sur la lutte contre le VIH/sida

Retrouvez tous les comptes-rendus de la conférence AFRAVIH, qui se tient à Bruxelles du 20 au 23 avril.
Publié le 22.04.2016.

La riposte au VIH a dû composer avec un ensemble de normes souvent défavorables à l’établissement d’un environnement protecteur en matière de santé. Le symposium Sidaction, qui s’est tenu à l’AFRAVIH ce vendredi 22 avril, avait pour but de discuter certaines de ces normes et les façons d’y faire face, de les contourner ou d’en promouvoir de nouvelles.

Le Burundi est un exemple probant du poids des normes de genre. « Une personne normale doit travailler, croire en Dieu et prier, se marier avec une personne de sexe opposé… L’homophobie est donc très présente », a détaillé Arsène Nutinga, membre de l’Association Nationale de Soutien aux Séropositifs et malades du Sida (ANSS). Le jeune homme a ainsi présenté comment son association, soutenue par Sidaction, est parvenue à intégrer des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes afin de leur venir en aide sur les problématiques liées au VIH/sida. Grâce à des actions de sensibilisation ciblées, à la formation du personnel et à l’intégration des bénéficiaires dans les services de prévention, l’ANSS a réussi à son niveau à faire évoluer les mentalités. Elle est aujourd’hui considérée comme un centre de référence de prise en charge des HSH et prouve que « même dans un milieu hostile, il est possible d’intégrer les homosexuels et bisexuels au sein d’une structure généraliste. 

La session s’est terminée avec l’intervention de Giovanna Rincon, qui a présenté une étude de la sociologue Françoise Gil : « Discriminations et stigmatisation d’une population : le cas des femmes trans’ migrantes confrontées au VIH ». Une « recherche unique » qui a fourni à la directrice de l’association Acceptess-T les outils pour interpeller les pouvoirs publics sur cette question. L’enquête a en effet révélé la transphobie quotidienne vécue par cette population ainsi que ses mauvais rapports avec les institutions françaises. Pour Giovanna Rincon, « les normes relatives à la transidentité, à la migration et au travail du sexe sont déterminantes dans la mise en place de stratégies efficaces. Les limites du cadre légal dans ces domaines doivent continuer à être dénoncées pour lutter contre la pandémie. »

Par Anaïs Giroux