DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES VIH/SIDA FRANCE - 2017

Le sida en France : une épidémie bien réelle

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, l’agence nationale Santé publique France a publié des données actualisées sur l’épidémie de VIH en France. Voici ce qu’il faut en retenir.

En France, le nombre de cas d’infection par le VIH diagnostiqués a diminué de 5% entre 2013 et 2016. Il est passé de 6 325 à environ 6 000. Ce nombre n’a pas encore pu être estimé pour l’année 2017. « Il est néanmoins possible de décrire les caractéristiques des personnes ayant découvert leur séropositivité entre janvier 2017 et septembre 2018 sur la base des données brutes », précise Santé publique France.

 

Les HSH et les hétérosexuels nés à l’étranger sont les plus touchés

En 2017-2018, les hommes représentent 66% des découvertes de séropositivité ; cette proportion est stable depuis plusieurs années. Les personnes de moins de 25 ans représentent 14% de ces découvertes. Après avoir augmenté entre 2003 et 2014 (de 13% à 21%), la part des 50 ans et plus s’est, elle, stabilisée (22% en 2017-2018). Les hommes ayant des rapports sexuels entre hommes (HSH) et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les ¾ sont nés dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus touchés. Ils  représentent respectivement 45% et 38% des découvertes en 2017-2018. Les hétérosexuels nés en France et les usagers de drogues injectables représentent respectivement 15% et 1%. Ces proportions sont stables depuis 2015.

 

La surveillance de l’activité de dépistage du VIH en France

Le nombre de dépistages réalisés en laboratoire a évolué de 6.4% par rapport à 2014. En 2017, 5,6 millions de sérologies VIH ont ainsi été réalisées par les laboratoires de biologie médicale (de ville ou hospitaliers). Un nombre jamais atteint depuis le début des années 2000.  Les tests en labo représentent toujours la majorité des diagnostics réalisés. Le nombre de tests rapides d’orientation diagnostique (TROD)  dans le cadre d’actions de « dépistage communautaire » est évalué à 55 770, soit un nombre stable par rapport à 2016. Quant au  nombre d’autotests VIH vendus en pharmacie au cours de l’année 2017, où il n’est donc pas possible de connaître la population y ayant recours, il est d’environ 73 000. Un chiffre comparable à celui de 2016 (74 650).

 

Renforcer le dépistage

En 2017-2018, 28% des personnes diagnostiquées pour une infection à VIH ont découvert leur séropositivité à un stade avancé et 49% n’avaient jamais été testées auparavant. « Ces chiffres soulignent l’importance du dépistage du VIH », souligne Santé publique France. Une démarche indispensable pour atteindre l’un des objectifs de la stratégie nationale de santé sexuelle (95% de personnes diagnostiquées parmi celles vivant avec le VIH).

Rappelons que le dépistage régulier des IST bactériennes, couplé à celui du VIH, reste indispensable dans une approche globale de santé sexuelle. Un diagnostic précoce des IST bactériennes chez les patients et leurs partenaires, suivi d’un traitement antibiotique conforme aux recommandations, est indispensable pour interrompre leur transmission.


Chiffres : Santé Publique France